Après plusieurs années à fréquenter les salles d’archives et les bibliothèques universitaires pour trouver la moindre trace d’Olivier Le Vasseur, plus connu sous le nom de La Buse, célèbre pirate Français, j’aurai le plaisirs d’ici quelques semaines de vous partager le fruit de mes recherches.

Au début de mes recherches, un de mes correspondants m’a fait la remarque que, « si tout le monde mettait ses recherches en commun, nous l’aurions trouvé depuis bien longtemps ». Quatre ans plus tard, cette idée a fait son chemin et l’idée d’un blog collaboratif est apparue comme une évidence. Le proverbe ne dit-il pas : « tout seul, on va plus vite, mais ensemble, on va plus loin » ?
Je vous propose donc de mener ce blog comme une vaste enquête. Un cold case de 300 ans en quelque sorte. Lors de cette enquête, je vous réserve de nombreuses découvertes réalisées récemment. Vous aurez sans doute de votre côté d’autres scoops, fruits de vos recherches, que vous tiendrez à nous partager. Ces échanges vont sans nul doute être très enrichissants et vont contribuer à mieux connaître ce pirate.
Dès que l’on prononce ce nom, on pense au plus grand acte de piraterie de tous les temps : la prise en 1721de la Nossa Senhora do Cabo ou La Vierge du Cap. On pense aussi au « mythe » du cryptogramme. Ce message écrit en pig pen est plutôt facile à traduire dans un 1er temps. Même s’il y a quelques subtilités, ce codage est connu. Ainsi on parvient assez aisément à déchiffrer un texte assez obscur que certains y voient « une recette de cuisine de sorcière » et, de là, à y voir une imposture ou un leurre.

Mais s’il y a bien un leurre, c’est que l’auteur y a mis de nombreuses « lettres parasites » et des expressions patoisantes pour perdre le lecteur. Ainsi la ligne 5 qui, à l’origine, est « METTEZ SUR KE PATAIE DE LA PERT O TITOUS N », peut devenir beaucoup explicite en la corrigeant en « METTEZ SUR LE PALAN DE LA PART DE TITOUS » ou, si on traduit cette expression de patois picard « DE LA PART DE TOUS ». Ceci laisse penser que l’ensemble de l’équipage a accepté de cacher une partie du butin ?
Autre expression venant indéniablement du Nord de la France que La Buse aurait proféré lors de sa pendaison « Mon trésor à qui saura le prendre » est aussi une formulation typique du Nord et du sud de la Belgique qui utilise le verbe « savoir » à la place de « pouvoir ». Cette formulation prouve ainsi à elle seule qu’elle a été prononcée par une personne de cette région et donc tendrait à prouver son authenticité.
Ainsi, fort d’être né dans cette région, je vous proposerai dans une 4ème partie une traduction possible de ce cryptogramme. Elle n’est pas parfaite (sinon je l’aurais déjà découvert 😊) mais elle a l’avantage de donner déjà à ce stade des indications précises. : parfois saugrenues comme l’information qu’un ami est probablement mort dans une grotte en Guadeloupe ou plus précises comme des données géographiques calculées avec les moyens de l’époque. Cette 4ème partie sera la seule qui sera soumise à autorisation.
Mais avant d’en arriver là, nous aborderons dans un 1er temps l’enfance de La Buse. Vous pensez peut-être qu’il n’y a pas grand-chose à dire ? Détrompez-vous ? Je vous réserve des scoops. Avec votre collaboration, nous trouverons ensemble comment celui qui est à sa naissance qu’un simple gamin d’un quartier de Calais, a eu la capacité de devenir 2nd Lieutenant dès l’âge de 16 ans et de commander des navires sur de nombreux océans du globe. Vous allez vous régaler !

Les 2ème et 3ème parties seront beaucoup plus techniques et délicates. En effet, faute de documents officiels pour aborder sa jeunesse, nous essayerons s’il est possible de faire le lien entre La Buse et le capitaine Olivier Misson, le héros de l’œuvre du capitaine Johnson alias Daniel Defoe. Certes tous les Historiens sont unanimes pour affirmer que cette œuvre est un roman infondé sur des faits réels.
J’ai effectivement étudié la thèse très bien argumentée d’Anne Molet-Sauvaget. Celle-ci est sans appel : c’est une œuvre de fiction. De même Michel-Christian Camus dans sa parution très explicite « L’inexistence du pirate Misson dans l’œuvre de Daniel Defoe » arrive de façon très détaillée à l’impossibilité de son existence. Pour autant il y a des ressemblances troublantes entre les parcours de La Buse et ce héros de « roman ». Nous les étudierons dans la 2ème partie. Mais, il faut bien avouer qu’il y a aussi de nombreuses divergences notoires que nous aborderons dans la 3èmepartie. Nous essayerons de les lever en identifiant les personnages de l’œuvre : Fourbin n’est pas le plus compliqué à identifier, mais Caraccioli l’est davantage. J’ai une piste à son sujet. Son identification constituerait déjà un élément important mais pas encore une preuve irréfutable. Il nous faudra aller au-delà de l’intime conviction et ce ne sera pas chose aisée. Même avec les quelques autres éléments, la tâche s’annonce ardue mais passionnante.
Pour l’existence de la république pirate égalitaire nommée Libertalia, je n’ai hélas à date aucune piste nouvelle autre que la lecture de certains ouvrages comme celui de Markus Dericker (pirates de tous les pays) et la consultation de certains sites internet qui semblent bien documentés. Je compte donc sur vous pour nous transmettre vos découvertes. Ainsi nous parviendrons sans nul doute à discerner le vrai du « roman » de l’œuvre de Defoe.
D’ores et déjà, je vous remercie de votre collaboration : je ne doute pas qu’ensemble nous parviendrons à parfaire notre connaissance sur ce célèbre pirate La Buse. Je vous donne rendez-vous le 26 avril pour le lancement officiel de ce bog.
