6/ L’éducation d’Olivier à Calais
En ce début de XVIIIe siècle que l’on appellera le siècle des Lumières, l’accès à l’éducation n’est pas une évidence pour tous. La noblesse et la bourgeoisie ont la possibilité de faire appel à des précepteurs mais quid pour le peuple.
Ainsi l’enquête de Maggiolo a analysé la capacité à signer les actes de mariage des futurs époux sur différentes périodes. Entre 1686 et 1690, elle fait apparaître une forte différence entre les hommes et les femmes. L’acte de mariage des parents de La Buse illustre bien cette état de fait : son père a su signer contrairement à sa mère qui n’a pas su tenir la plume pour faire une croix (ce qui était fréquent à l’époque).


Ce sondage étant basé sur le volontariat des recteurs, certains départements n’ont pas répondu et figurent en blanc.
L’école la plus répandue dans le nord de la France était celle des Frères des Ecoles Chrétiennes créée en 1684 par Jean Baptiste de la Salle. Je me suis donc renseigné auprès d’eux : ils m’ont confirmé leur présence à Calais à partir de l’année 1700 et m’ont fait part de l’anecdote suivante :

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Ainsi, je jeune Olivier a pu bénéficier d’une éducation. Toutefois on a vu précédemment qu’en tant qu’orphelin de guerre, dans le cadre de l’ordonnance de Colbert, il avait droit à des « gratifications ». A-t-il eu accès à cette école dès 1700 ?
Toutefois, en primaire, l’enseignement était basique : pas de mathématique, de géographie,… et ni langue étrangère ni de latin : on apprenait à lire et à écrire en français. Mais on apprenait quand même par cœur les quelques prières chrétiennes qui étaient en latin à l’époque pour participer et chanter les offices. Au niveau des écoles populaires tenues par les Frères des écoles Chrétiennes (ou Frères lasalliens), les enfants devaient apprendre au plus vite ce qui était nécessaire pour être sur le marché du travail rapidement : lire, écrire, compter.
Encart ajouté :
En relisant Calais au temps des lys de Nelly mulard, j’avais oublié qu’elle précisait dans un encart que « deux frère de la Doctrine Chrétienne partaient, chaque matin, à l’école de la rue « Haha » instruire les enfants du Courgain » (quartier des marins). Par la suite elle écrit que « grâce à la générosité de Louis Gensse, les filles purent également bénéficier de l’instruction gratuite… Louis Gensse l’un des bourgeois les plus considérable de la ville… ». En effet, après recherches, il a été Maire puis Juge Consul de Calais. Je n’ai trouvé aucun lien avec Marie-Anne Gensse, mère de La Buse qui, nous l’avons vu dans un article précédent, a déclaré lors de son mariage de ne pas savoir tenir une plume. Mais si je me trompe, n’hésitez pas à intervenir dans le bloc commentaires.
Parallèlement, l’ordonnance d’Août 1681 prévoyait pour les grands ports dont Calais, la nomination d’un enseignant d’Hydrographie pour améliorer les connaissances de l’art de naviguer. Etant en guerre, le problème de la France n’était pas tant de construire des bateaux, mais de recruter assez de matelots, d’hommes d’équipage et de bons capitaines. A titre d’exemple, il fallait plusieurs années pour former un gabier capable de monter à plus de 40 mètres. Au-delà de 20 ans, ce n’était même plus la peine. L’éducation dans ces cours d’hydrographie étaient d’un niveau très élevé.
Je n’ai pas trouvé de listes des effectifs des élèves ayant assisté aux différents cours et doute sérieusement qu’elles existent. Mais, en tenant un raisonnement par l’absurde (cf cours de math 🙂 ), il n’est pas concevable qu’il ait pu être le capitaine de navires navigant dans les 4 coins du monde en déchiffrant des cartes, calculant sa vitesse et sa trajectoire pour en déduire sa position,… sans une sérieuse éducation sur plusieurs disciplines. Certes, il a appris à naviguer avec son grand-père, nous allons le voir dans le blog suivant, mais il est une chose de naviguer au vue des côtes, ça en est une autre de traverser les océans. Et tout ça, sans GPS, calculatrice, ordinateur de bord… Pour vous mettre en « appétit », je vous mets ci-dessous les 3 premières pages du sommaire du Nouveau Traité de Navigation contenant la Théorie et la Pratique du Pilotage de Bouguer édité en 1753 (certes, ce livre a été édité 50 ans après, mais il peut donner une idée du niveau de l’enseignement).



Il en est de même pour le cryptogramme. Pour avoir su l’écrire puis le crypter, il a dû maitriser la langue française et son orthographe. Car ce que vous pensez être des « fautes d’orthographe », ne le sont pas en réalité. Pour vous en convaincre, nous aborderons par la suite les lettres qu’il envoie au gouverneur de La Réunion : elles ont très peu de fautes d’orthographe. A suivre…
J’espère que vous aimez. Pour l’instant vous n’êtes pas très nombreux à connaître le site : je n’ai invité que mes amis Facebook, soit une quarante de personnes. Sachant que ceux qui s’intéressent voire qui connaissent La Buse, tiennent sur les doigts d’une main :-). N’hésitez donc pas à relayer vers vos amis. Le bouche à oreille, ça marche !
Les vacances se terminant, je ne vais plus écrire de nouvel article dans les prochaines semaines. Ceci va aussi me permettre de voir l’intérêt que vous lui accordez et de répondre à vos éventuelles remarques. Je vous encourage à vous inscrire aux newsletters : chaque inscription est un énorme encouragement.
Un grand merci !!!
Jean Claude
Conclusion :
Ainsi, La Buse a manifestement reçu une éducation lui permettant de lire, écrire et compter. Nous devons aussi prendre en compte pour le suite de notre enquête du fait qu’il ait pu aussi suivre des cours beaucoup plus pointus « d’hydrographie ». En effet, le rôle de capitaine nécessitait de savoir se servir d’outils de navigation tel le bâton de Jacob (ou arbalète) ou le cadran nocturne ou autres. Ces outils permettaient de calculer sa latitude et sa longitude et, ainsi, se situer géographiquement avec une incertitude de 1 à 2 lieues voire davantage selon l’adresse du capitaine lors de la prise de mesures. La Buse a aussi pu obtenir les compétences pendant ses années d’apprentissage. Il nous faut donc penser que dans le cryptogramme, il y ait des chiffres cachés derrière certaines lettres. Nous le verrons dans un prochain article.

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