12/ Traduction du cryptogramme de La Buse : la 4ème phrase
La traduction de la 4ème phrase du cryptogramme de La Buse a été pour moi la plus difficile mais aussi la plus riche en enseignements. C’est sans doute pour cela que je vous l’ai citée dès la page d’accueil. Pourtant c’est la plus courte : elle ne tient que sur une seule ligne. A l’instar des précédentes, elle commence par un verbe à l’impératif mais, désormais, celle-ci ne donne pas un repère visuel sur le trajet. Quoique…

C’est le dernier mot qui m’a interpelé dans un 1er temps : « titous ». Originaire du Pas de Calais, je parlais couramment patois et l’expression « de la part de tartousse » (en phonétique) était utilisée très régulièrement. C’est même le nom d’un bar près de St Pol sur Ternoise. « ti tous » en patois veut dire littéralement ti = toi et tous = tous, en résumé « toi tout le monde ». C’est donc en quelque sorte un synonyme de « tartous ».

Ainsi, « de la part’ titous », « cort » et d’autres éléments que l’on verra par la suite, m’apportait comme enseignement que ce cryptogramme était sans aucun doute l’oeuvre d’une personne originaire du nord de la France donc, peut-être, de La Buse. Ca a été l’élément déclencheur de mes recherches sur ce personnage. En effet, il fallait être sûr qu’il était capable d’écrire un tel message.
A l’inverse, la traduction de « pataie » m’a posé beaucoup plus de questions. « Pataire » a bien une signification mais a un sens qui ne colle pas avec le reste de la phrase. Le mot « patère » existe aussi et est le nom d’une « coupe antique évasée et peu profonde » selon le Larousse. Difficile de trouver ce que cet objet pouvait bien venir faire dans notre histoire de piraterie et, de plus, c’est un mot féminin qui appelle le « la » et non le « le ».
Bref, il m’a bien fallu 15 jours pour trouver le mot « palan« . Il n’y avait bien que 2 lettres pirates dans ce mot, était masculin et était utilisé en France depuis le XVIème siècle. Je parle ici du mot « palan » car le mécanisme du palan avec son système de poulies date de l’Egypte antique voire plus ancien. De plus le palan était très utilisé dans la marine : il servait et sert encore sur les bateaux pour bouger les charges dans les cales, sur le pont… et à l’arrivée au port, il est indispensable pour charger et décharger. Avec un peu d’imagination, c’était peut-être ça qu’ils appelaient « tête cheval » ? Comment n’y avais-je pas pensé plus tôt ?

J’avoue que, jusque là, les 3 premières phrases m’avaient donné l’impression que les lettres divergentes étaient dues à des erreurs soit de codage au niveau du cryptogramme soit à une dyslexie de l’auteur. Toutefois, « cheral » au lieu de « cheval » m’avait déjà posé questions car la lettre divergente était très éloignée au niveau du codage Pigpen et ne pouvait pas davantage être dû à un problème phonétique. C’est à partir de là que l’hypothèse de lettres pirates mises volontairement est devenue une évidence. Et qui dit acte volontaire dit nécessairement qu’il y avait une raison. Mais laquelle ?

Par ailleurs, cette phrase « mettez sur le palan de la part de titous » me donnait aussi un éclairage nouveau. Ce n’était pas la part uniquement de La buse qui était caché, mais une partie du butin de tous les membres d’équipage. Ainsi la distribution de pierres précieuses qui a eu lieu directement sur le bateau, ne représentait qu’une partie du butin. Une autre partie a été caché à un endroit secret sensé être indiqué dans ce cryptogramme. Ceci pourrait donné de la crédibilité à un mite ancien transmis de bouche à oreille indiquant que La Buse aurait dit à son gardien alors qu’il traversait enchaîné la Ravine du Malheur lors de son transfert entre St Denis et St Paul : « avec ce que j’ai caché ici, je pourrais acheter toute l’île ». Certains chercheurs en ont déduit que le trésor devait se situer par conséquent dans cette ravine. Pourtant le mot « ici » peut désigner, selon le contexte, bien des endroits : en dessous du pied ? dans les environs ? ou sur l’île ?…
Conclusion :
A ce stade, rien n’indique l’endroit du trésor avec assez de précision : La Buse est plutôt du genre malin, il l’indiquera avec une nouvelle astuce par la suite. En effet, il faudra faire parler les « lettres pirates ». De même, rien n’indique encore formellement que ce soit La Buse l’auteur du cryptogramme. Toutefois nous avons désormais quelques indications comme les tournures de phrases patoisantes et certaines déclarations de sa part le laissant penser mais il est tout à fait encore possible que tout ceci ne soit du domaine du mythe. Cette enquête a permis pour l’instant d’entrouvrir petit à petit l’éventualité que ce mythe est peut-être bel et bien réel.
En tout état de cause, quelle est la traduction la plus plausible ? Celle de labuse.blog ou la recette de sorcière de d’autres blog ?
En cliquant sur le logo « La traduction », vous avez accès à un récapitulatif à date de la traduction du cryptogramme.
Article précédent :
11/ Traduction du cryptogramme de La Buse : 3ème phrase
Article suivant :
